11 Septembre 2001 et "mémoire flash"
- "Comment expliquez-vous que la plupart des personnes se souviennent exactement de leur journée au moment des attentats du 11 septembre 2001?"
Où étiez-vous le 11 Septembre ? La plupart d'entre vous avez la capacité de vous rappeler avec précision
un certain nombre de détails comme : qui vous a annoncé la nouvelle, où vous étiez, ce que vous étiez
entrain de faire à ce moment-là, vos émotions et ce qui s'est passé après.
Une explication de ce phénomène, a été avancée en 1977 par deux scientifiques américains Brown et Kulik.
Ils ont mené une expérience où ils ont demandé à leurs participants de répondre à une série de questions
testant leur mémoire sur 10 évènements publics majeurs tels que l'assassinat du Président John F. Kennedy en 1963
(14 ans plus tôt). Leurs résultats ont montré que la mémoire de ces évènements est particulièrement vive,
détaillée et durable dans le temps. Cette capacité cognitive particulière des individus a été baptisée "
mémoire flash " (traduction de flashbulb memory). Toutefois, bien que précise, cette mémoire n'est pas forcément
correcte ainsi que l'ont montré McCloskey et al en 1988 quand ils ont demandé à leurs participants de se rappeler
l'explosion de la navette spatiale Challenger (le 28 janvier 1986). Ils ont donc avancé l'hypothèse que les gens
ont tendance à oublier de petits détails et commettre des erreurs lorsque l'évènement n'est pas personnellement
important pour eux. Par exemple, concernant l'assassinat de Martin Luther King, 75% des américains interrogés
étant noire de peau s'en rappellent avec précision contre 33% pour les blancs. De plus, Brown et Kulik ont
suggéré que ce mécanisme spécial du cerveau n'est activé que par des événements qui produisent chez les personnes
un haut degré d'émotion et de surprise. Ainsi, la scène entière serait " imprimée " en mémoire telle un " flash ".
Par ailleurs, la mémorisation exceptionnellement " bonne " de cet épisode particulier peut être expliqué par les
faits qu'il a été hautement médiatisé, que les personnes en ont discuté entre elles et qu'elles l'ont probablement
ressassé en mémoire de façon individuelle.
A contrario, ceux qui n'ont pas été personnellement marqués par l'attentat du 11 septembre ne souviendront pas particulièrement
de cette journée bien qu'ils en connaîtront la valeur historique.